Entre deux maux, choisissons le moindre…

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Dimanche soir dernier, je me sentais comme une élève à la veille de la rentrée des classes. Les papillons dans le ventre, la boule dans l’estomac. Je retrouvais cette même nervosité qui s’emparait de moi à la fin des grandes vacances quand l’insouciance de l’été devait laisser place à la routine.

Pourtant, le contexte était bien différent puisque le lendemain je recommençais officiellement le tournage de la série 5e Rang à Radio-Canada. J’en rêvais depuis des mois, rien ne pouvait me faire plus plaisir !

Quelques jours plus tôt, les comédiens ont assisté à une rencontre Zoom avec les productrices. On nous a expliqué l’ensemble des procédures sanitaires qu’il faudrait dorénavant adopter. C’est du sérieux et c’est tant mieux !

Arrivé à la base (notre point de rencontre), chaque comédien et technicien signe un document dans lequel il déclare n’avoir ni symptômes, ni eu de contacts avec la Covid-19. Les mains sont désinfectées et un masque nous est donné. Aucune circulation n’est admise sans  couvre visage.

Le choix de se maquiller et se coiffer seul est à notre discrétion, mais la majorité d’entre nous décide de s’en remettre à nos professionnelles (toutes des femmes).  Elles portent masque, lunettes ou visière et sarrau.  Les acteurs ont une trousse identifiée et personnalisée avec pinceaux et maquillage. Aucun risque de se tromper !

Chaque costume de personnages est sous une housse de plastique. Ce sont les acteurs qui manipulent les vêtements et accessoires. Notre habilleur de plateau ne  touche qu’aux housses.

Les véhicules pour se rendre au plateau de tournage ont été modifiés par l’ajout de vitres plexiglass entre chaque siège.

Les comédiens attendent dans une salle où  la distanciation physique est respectée. Notre nom est inscrit sur une chaise, c’est la nôtre pour la journée. Tous les techniciens et artisans doivent  se soumettre aux même règles de sécurité. Régulièrement, les caméras sont désinfectées avec une lumière UVC.  Chaque endroit est également aseptisé grâce à un procédé électrostatique qui pulvérise un produit bio à base de thym.

Les mises en place et répétitions avant une scène se font avec masque et lunettes. Ce n’est qu’à quelques secondes de tourner que les acteurs (et seulement eux) les enlèvent. Nous les mettons dans un sac style « ziploc »  Trois, deux, un et action ! Dès que le mot coupé est prononcé, nous remettons notre attirail pour  réajuster le tir ou modifier un élément technique avant de relancer une autre prise.

Il est bien évident que ce fonctionnement quasi militaire est contraignant, compliqué pour tous et à mille lieues de notre ancienne réalité. Non seulement je n’ai pas entendu une personne de l’équipe s’en plaindre, mais la capacité d’adaptation est étonnante !

Entre deux maux, choisissons le moindre… L’immense bonheur que j’ai à retrouver mon personnage et toute l’équipe supplante largement  les désagréments et termes exigés. Même dans ces conditions, je me sens privilégiée de pouvoir à nouveau exercer mon métier.

Depuis samedi, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos au Québec.  Malgré l’inconfort, je le porte depuis le début de la pandémie et suis rassurée qu’une telle mesure ait été prise. Cependant, je déplore  le fait que pour de nombreuses familles déjà affectées,  ce sera une dépense supplémentaire.

Il y a consensus des experts de la santé pour affirmer l’utilité du port du masque. Je m’explique mal le point de vue des récalcitrants qui clament haut et fort l’atteinte de leurs droits et libertés. Cette décision m’apparait amplement justifier pour le bien commun de tous. La situation catastrophique dans laquelle se trouvent les États-Unis est-elle enviable?

Nous vivons une période exceptionnelle où nos repères sont bousculés. Les informations reçues de la santé publique  ont  parfois été contradictoires, mais elles évoluaient au fur et à mesure des connaissances et des observations des experts mondiaux. L’indulgence était de mise.

Je préfère  porter un  masque, avoir un comportement exemplaire plutôt que de devoir subir un autre confinement qui, après la belle saison, serait dévastateur pour le moral.

Je n’ai pas l’impression d’être « contrôlée » ou docile. Ce sont des choix raisonnés que je fais par respect pour les autres. Notre sens civique ne devrait-il pas toujours prévaloir?

Entre deux maux, choisissons le moindre…

 

Crédit photo: Bertrand Calmeau

4 réflexions sur “Entre deux maux, choisissons le moindre…

  1. Totalement d’accord avec Julie La pie, vouscêtes une personne magnifique. Continuez Julie de nous rendre la vie encore plus agréable et continuez d’écrire. Vous lire, c’est du bonheur.
    Merci

  2. Bonjour Mme Dupage,
    J’ai écouté votre très intéressante entrevue avec Dan Bigras ce matin, mais je n’ai pas retenu le titre du livre dont vous avez parlé…
    Je suis persuadé qu’il pourrait être trrrrès utile à ma fille pour aider mon petit-fils à moins « péter les plombs ».
    Coïncidence, je lis (ou plutôt j’écoute à cause de problèmes visuels) le livre de Dan Bigras en ce moment, et plusieurs points sont percutants concernant les jeunes.
    Merci pour cette information.
    André Côté, Laval
    Andre.cote1@videotron.ca

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