Est-ce un bon timing?

« Conformément aux règlements du Collège, veuillez noter que le cellulaire de votre fils a été confisqué aujourd’hui. Il le sera pour une période de deux semaines. »

En lisant ce courriel, j’ai eu deux réactions diamétralement opposées. J’étais d’abord furieuse et déçue de fiston. Mais aussi, je reconnais que cette décision m’enchantait royalement! J’ai même eu envie d’écrire à la directrice de niveau afin qu’elle garde le téléphone plus longtemps si elle le souhaitait!

Yes! C’est le coeur léger et joyeux que j’entrevoyais les prochains jours. Deux semaines de vacances, deux semaines de paix loin de cette source de distraction constante! La gestion du cellulaire de mon fils s’avère parfois compliquée et drainante. (Rassurez-moi, dites-moi que je ne suis pas la seule à vivre ça!) J’allais être en congé, je pourrais remiser quelque temps ma casquette de police!

Après une bonne discussion avec fiston, mon mari et moi avons conclu de lui interdire les jeux vidéo et l’accès à Instagram durant cette période punitive pour marquer le coup! Il aurait ainsi amplement le temps de réfléchir et surtout, au- delà de ses devoirs, de s’adonner à d’autres activités plus constructives.

-Mais faire quoi? m’a-t-il répondu d’un air penaud.

Cette nuit-là, je n’ai pas très bien dormi et pendant mon insomnie, je me suis mise à cogiter. Je percevais chez mon fils un certain désarroi. Avions-nous été trop sévères?

Pour nous tous et pour les ados en soif de liberté, cette période de pandémie est pleine de contraintes.

Mon fils, comme tant d’autres, n’a plus la possibilité de pratiquer en équipe le basket, son sport favori. Il passe des heures à dribbler et faire des paniers dans notre entrée du garage… seul. Il ne voit plus ses amis, sauf ceux de sa classe dans des conditions bien particulières. Ses jeux vidéo et réseaux sociaux sont malheureusement les seuls moyens d’avoir un semblant de vie sociale et de communiquer…

En temps normal j’aurais salué haut et fort l’initiative du Défi Santé TOUGO pour sa campagne de sensibilisation Pause qui incite les jeunes à renouer avec déconnexion virtuelle. C’est un sujet que j’aborde régulièrement dans mes chroniques. Les abus et les dérives d’une utilisation exagérée m’effraient considérablement.

Il est impératif de pouvoir s’affranchir des écrans afin de garder un équilibre. Je suggère cet exercice à mes enfants, ne serait-ce qu’une journée de temps en temps. Le slogan du défi est Pause ton écran et profites-en. Si l’intention est extrêmement louable et utile, je  m’interroge cependant sur la pertinence de l’appliquer en pleine pandémie, pendant ces tristes semaines d’automne… Finalement, le timing n’est peut-être pas idéal…

La punition de fiston n’a pas été complètement levée, mais bien adoucit. Il le fallait.

Je pense que dans les circonstances, faire preuve de bienveillance, d’empathie et d’indulgence est nécessaire.

Il y a les convictions profondes, les principes et puis, il y a la vraie vie…

 

 

 

Crédit photo: Getty Images

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