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Bisous, Bisous!

Depuis 5 semaines notre monde est en berne ou presque.

L’expression déconfinement commence petit à petit à être évoquée pour notre plus grand bonheur. Avec réserve et prudence bien sûr. Comme les cercles concentriques d’un caillou jeté à l’eau, la reprise sera progressive.

Depuis 5 semaines, je marche tous les jours ou presque. Le vilain temps et le froid n’ont que très rarement eu raison de moi. Si ce besoin de sortir de la maison est viscéral, il l’est aussi dans l’espoir de croiser des gens, d’avoir un contact humain, même de loin. D’ailleurs, d’après une nouvelle étude du MIT *, socialiser serait aussi fondamental que de se nourrir!

Lors de mes balades quotidiennes, je constate qu’il y a des personnes qui recherchent le baume au coeur, le contact social et dont la gestuelle évoque l’empathie. Elles s’expriment à distance par un bonjour, un sourire ou un simple regard bienveillant et attentionné. Puis, il y a les autres pour qui nous représentons l’ennemi potentiel. Par peur de cette menace invisible, elles s’écartent alors avec répulsion, parfois sans même lever les yeux. Peut-on les blâmer?

Bien des questions se posent… Quand la confiance en l’autre reviendra-t-elle? Retrouverons-nous entièrement nos libertés individuelles, si restreintes depuis quelques semaines? Les codes et les rapports sociaux changeront-ils? La poignée de main, l’accolade, le baiser de bonjour et d’au revoir seront-ils toujours de mise? Feront-ils à nouveau partie des conventions de la politesse et du savoir-vivre?

Si je me fie à ce qu’on rapporte aujourd’hui sur d’autres pandémies virulentes sans confinement, comme la « grippe asiatique » de 1957-1958 ou la « grippe de Hong Kong » de 1968, très peu de gens de cette génération semblent s’en souvenir. Aurons-nous cette capacité d’oubli qui rend la vie plus légère et qui fait en sorte que les habitudes d’hier reviennent au galop?

Dans bien des cas depuis le début de notre distanciation sociale et physique, nous évoquons tous les mêmes rêves communs. Ils sont simples, pas compliqués: voir ceux qu’on aime autour d’un bon repas, renouer avec la famille, les amis, festoyer, s’étreindre fort, s’embrasser, se coller, rire ensemble… Sans crainte, comme dans la vraie vie d’avant.

Peut-être aurons-nous besoin de nous apprivoiser à nouveau?

Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ? dit le Petit Prince*

– C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie créer des lienssi tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. 

Avoir besoin de l’autre? Oui ça, évidemment plus que jamais!

 

 

 

 

 

 

 

 

crédit photo: Caroline Bergeron Photographe

*Massachusetts Institute of Technology

*Le Petit Prince de St-Exupéry

 

 

 

https://laregledujeu.org/2020/04/13/35946/la-memoire-oubliee-du-coronavirus/

https://www.lapresse.ca/societe/202004/21/01-5270269-le-besoin-de-socialiser-aussi-fondamental-que-celui-de-salimenter.php

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