Souvenirs d’un mentor autodidacte et curieux

Vous vous souvenez de cet homme derrière les émissions à gags Surprise sur Prise ? Tout a commencé grâce à lui, Marcel Béliveau! « Est-ce que ça te tente de piéger Monsieur Alain Delon? »

J’avais 19 ans et Marcel savait que je partais m’installer à Paris. Il m’avait proposé de travailler sur ses productions pour faire un peu d’argent. C’est pour cette raison que j’ai piégé plusieurs vedettes françaises, et entre autres, Monsieur Alain Delon.

C’était un vendredi soir à Neuilly-sur-Seine, banlieue chic parisienne. Nous avions rendez-vous dans l’appartement d’un producteur intéressé à travailler avec Delon. C’était un grand repas avec plusieurs convives, dont un petit garçon muni d’une oreillette qui « jouait » au surdoué de service et qui répondait à toutes les questions posées. Alain était fasciné par ce génie, mais ne savait pas encore qu’il y avait des gens en régie qui fournissaient toutes les réponses.

Je me souviens avoir très mal dormi la veille du gag puisque mon rôle était d’incarner une jeune écervelée, pour ne pas dire une idiote, qui interrompait sans cesse la conversation pour dire des niaiseries ! Oh boy! Moi, grande fan de cet acteur mythique aux nombreux films cultes, comment allais-je faire ? Mon orgueil en prendrait un sacré coup ! L’idée me tétanisait…

La présence de Monsieur Delon était si forte que j’ai cru me liquéfier quand il est entré dans la pièce. Le temps aurait pu s’arrêter là, mais j’avais un boulot à faire, balancer des âneries!

Le gag s’est très bien déroulé, mais ne fut malheureusement jamais diffusé. Alain Delon s’y était opposé prétextant le cheveu gras… Pourtant, il aurait mérité qu’on le découvre sous cet angle, non pas à cause du cheveu gras, mais bien parce qu’il émanait de lui quelque chose d’authentique, de vrai.Lire la suite »

Le déclic amoureux

Depuis toujours, je discute avec mon père, notamment sur son amour de la culture française et québécoise.  Je pourrais l’écouter pendant des heures et j’aime particulièrement lorsqu’il évoque certains souvenirs. Comme celui du 9 mars 1969, ce jour important qui allait changer le cours de sa vie. Papa arrivait de France pour la première fois au Canada.

À sa grande surprise, le Québec qu’il découvrait était très anglophone. Que ce soit dans le milieu des affaires ou dans la vie quotidienne. Papa se rappelle que dans les grands magasins comme Morgan ou Simpson, les vendeurs étaient pour la plupart unilingues anglais et s’adressaient à lui en anglais.

– S’ils parlaient français, ils ne faisaient pas beaucoup d’efforts pour le montrer!

Les choses ont-elles changé en plus de 50 ans? Les statistiques et études disent que le cœur de Montréal ne bat plus en français et qu’il y a un recul majeur de la langue française au Québec, notamment auprès des jeunes générations.

Je pourrais faire de cette chronique un pamphlet politique, mais ce n’est pas mon propos. Il est vrai qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’on revienne sur le débat français-anglais. Il suffit d’ailleurs de vivre à Montréal pour se rendre compte combien les deux solitudes existent toujours, selon les quartiers dans lesquels on évolue.

Heureusement, il arrive parfois que les deux solitudes se rencontrent et qu’il se passe quelque chose de lumineux…Lire la suite »

Le temps d’une chanson

Je ne me souviens pas de moments où la musique n’a pas été présente dans ma vie. Elle a un pouvoir évocateur immense et peut, en quelques secondes, raviver nos souvenirs les plus lointains.

Spontanément, je pense à la musique des années 1980, dont je ne me lasse jamais et qui a accompagné mes premiers partys cools d’adolescente. Ou aux cantiques de Noël que ma grand-mère Rita entonnait au piano de sa belle voix de soprano. C’est le Concerto no 1 pour piano et orchestre de Tchaïkovski que papa mettait à tue-tête le dimanche matin quand il jugeait que la grasse matinée de ses filles avait assez duré. Et lorsque maman montait le son de Barbra Streisand, je savais qu’elle s’apprêtait à cuisiner en grand !Lire la suite »

Laisser entrevoir l’espoir

 

Récemment, un journaliste a fait appel à moi pour sa chronique hebdomadaire. Il désirait connaître les émissions québécoises qui avaient marqué mon enfance. L’idée m’a amusée et spontanément j’ai répondu : Franfreluche !

J’ai encore le vif souvenir de cette poupée qui racontait des contes et légendes aux enfants. Ce qui me fascinait par-dessus tout, c’est qu’elle arrivait à entrer physiquement dans le grand livre pour changer le cours d’une histoire qui ne lui plaisait pas afin que le dénouement soit plus juste, équitable ou heureux.

Ne rêve-t-on pas tous d’un monde comme ça?

Cette émission jeunesse a façonné la petite fille que j’étais et le besoin de faire le bien autour de moi. Encore aujourd’hui, je reste fascinée par le thème du destin et des choix que l’on pose à la croisée des chemins.

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50 ans, ainsi va ma vie!

Ce n’est pas tant le chiffre qui m’a donné le vertige, mais la vitesse supersonique à laquelle je l’ai atteint! « Hier encore j’avais 20 ans… »

Certains souvenirs sont tellement vifs que j’ai du mal à réaliser qu’ils soient si lointains sur ma ligne de vie. Il y en a d’autres pour lesquelles j’aimerais avoir la mémoire qui flanche et ne plus me souvenir très bien.… Mais bon.

Le temps semble toujours s’accélérer et cette cadence incessante m’effraie. Elle me ramène à mes doutes et à mes insécurités. C’est là que l’affolement s’installe, momentanément.

J’avoue que l’idée de mes 50 ans m’a procuré quelques palpitations et moments d’angoisse.Lire la suite »