
La planète s’apprête à vivre les Jeux olympiques d’été de Paris 2024, l’évènement le plus regardé au monde. Dans un contexte mondial tellement explosif, au bord de l’abîme, doit-on encore prendre les JO au sérieux ?
Si la politique nous divise, le sport a encore le pouvoir de nous rassembler.
Au début de l’été, j’étais en voyage dans le sud de la France avec ma famille. J’aime flâner dans des cafés et bistrots pour observer les gens et entendre les conversations ambiantes. Ces « brèves de comptoir » sont souvent des moments révélateurs du pouls de l’endroit où l’on se trouve. Les opinions étaient très tranchées et le ton montait parfois de quelques décibels.
Au lendemain du premier tour des élections législatives, nous étions à Aix-en-Provence. C’était aussi le jour où l’équipe de France de foot disputait son match contre la Belgique en huitième de finale de l’Euro. Toutes les places publiques du centre d’Aix étaient bondées et de grands écrans avaient été installés à l’extérieur afin de regarder la partie. Ces hommes, ces femmes, jeunes et moins jeunes, n’avaient certainement pas tous coché la même case la veille sur leur bulletin de vote. Mais ils se retrouvaient tous là, solidaires, animés d’une envie commune, celle de voir la France gagner le match. Dans un moment d’apaisement, loin des divisions politiques.
J’ai trouvé beau et rassurant de les voir rassemblés, chantant à l’unisson : « Nous sommes Français ! », alors que le matin même, les journaux dénonçaient l’extrême polarisation politique du peuple français et le climat délétère ambiant. La magie opérait.
Les rencontres sportives favorisent souvent des comportements fédérateurs.
Ravivons la flamme
La flamme olympique est de retour à Paris après 100 ans. Ce jeudi, la vasque sera allumée et ces Jeux tant attendus (ou décriés, c’est selon) débuteront enfin dans un cadre magnifique.
Bien sûr, l’esprit et les valeurs olympiques qui se résument à créer un monde meilleur et solidaire par le sport sont parfois bafoués. Même si la fameuse trêve olympique existe encore, dans les faits, elle n’est guère respectée.
Cette trêve instaurée dans la Grèce antique et reprise en 1993 par l’ONU avait pour but de se servir du sport pour promouvoir la paix et les discussions amicales. Or, les tensions mondiales demeurent et il serait bien utopique de penser qu’elles s’apaiseront le temps des Jeux.
Vivons d’espoir
Le Proche-Orient est à feu et à sang, la Russie menace d’utiliser l’arme nucléaire, la Chine ne pense qu’à sa puissance, les États-Unis seront peut-être à nouveau sous la coupe d’un être sans foi ni loi, notre planète va mal…
Dans ce monde dur et à cran, des milliards d’humains se plairont encore à rêver de performances, d’exploits olympiques, d’efforts incroyables et de médailles. Ils puiseront de la joie et de la fierté à encourager le rêve olympique des athlètes qui représenteront leur pays.
Les Jeux olympiques n’arrêtent peut-être pas les guerres et les conflits, mais ils nous feront certainement vivre des émotions fortes et de la magie. Parions sur le fait que nous serons nombreux à chanter en chœur et à acclamer les performances de nos athlètes. Rêvons, malgré tout…
Article publié dans La Presse Plus: https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2024-07-25/paris-2024/que-la-magie-opere.php