C’est probablement par déformation professionnelle que je regarde beaucoup la télévision. Les infos, les fictions québécoises et internationales, les émissions de services et bien sûr, le sport!
Les événements sportifs sont rassembleurs et prennent toutes leur dimension quand ils sont visionnés en direct. Un match des Canadiens en différé n’a qu’un intérêt relatif. La magie est décuplée lorsque l’on a la chance d’assister à une partie et ressentir la frénésie de groupe, la fièvre partisane.
Samedi le 3 mai, c’est avec beaucoup d’émotions et de fierté que j’assisterai au premier match officiel de soccer féminin des Roses de Montréal au Québec! En effet, il y a un an j’ai décidé de me joindre à cette grande aventure en tant qu’investisseuse. Fait plutôt cocasse : c’est mon fils de 17 ans qui m’a encouragée dans cette démarche…
Augustin est un joueur de basket et un grand passionné de sport. C’est lui qui un jour, m’a parlé de Caitlin Clark, la jeune sensation du basket féminin. Il me racontait avec beaucoup d’enthousiasme combien cette fille était talentueuse, son jeu intéressant et qu’il éprouvait un plaisir réel à la voir performer.
« Maman, cette joueuse change la donne et trace la voie pour les autres. Ses matchs sont vraiment fun à regarder! »
Clark a une telle influence, grâce à elle le basket féminin est dorénavant retransmis sur les chaines de télévision nationales américaines. Les cotes d’écoute lors des prestations de Clark et de son équipe les Fever de l’Indiana sont incroyables, du jamais vu!
Elle est devenue une star incontournable et contribue à faire évoluer le sport féminin. Son salaire et ses nombreuses commandites sont malgré tout encore bien inférieurs aux vedettes masculines, même celles moins populaires qu’elle.En sport comme dans trop de professions, il existe toujours un double standard qu’il faut s’efforcer de corriger.
Par ses propos, mon fils m’a fait réaliser qu’un tournant s’opérait et que les mentalités changeaient lentement, mais sûrement. Du moins, peut-être est-ce le cas pour les jeunes générations? On le constate avec l’emballement pour le hockey féminin et les records d’assistance. Pour faire avancer la cause du sport féminin, il est impératif que les hommes participent à cet élan et s’y intéressent.
Bref, ce détour par le basket pour mieux revenir au soccer et expliquer que c’est grâce à l’engouement de fiston que j’ai pris la décision de m’associer aux Roses de Montréal.
Il fallait du flair, de la ténacité et une vision pour mener à bien ce projet d’envergure initié par mon amie Isabèle Chevalier et son partenaire professionnel Jean-François Crevier; créer non seulement une équipe féminine de soccer, mais le faire au sein d’une ligue entièrement canadienne qui n’est soumise à aucune règle américaine. Dans le contexte politique actuel, cela prend tout son sens.
Les cofondateurs n’ont pas hésité à chercher un encadrement de haut calibre et à s’adjoindre des femmes qui, comme Marinette Pichon, Directrice Sportive et Annie Larouche, Présidente, ont depuis longtemps fait la preuve de leur grande expérience.
J’ai eu le plaisir de rencontrer les joueuses de l’équipe à quelques reprises. Il se dégage chez elles un dénominateur commun: elles sont motivées, heureuses et reconnaissantes de pouvoir vivre leur passion dans un climat unique qui favorise leur épanouissement.
Une des grandes forces des fondateurs et dirigeants, c’est d’avoir su mettre en place des conditions matérielles et humaines exceptionnelles dans un cadre chaleureux qui encourage l’esprit d’équipe et le surpassement.
Les Roses de Montréal, c’est plus qu’un investissement de ma part, c’est un incitatif exemplaire. Je participe ainsi à un mouvement de société, une vision, un idéal. Une impulsion pour donner espoir à de nombreuses jeunes filles.
Elles pourront rêver en se disant qu’au Québec, tout est possible…
Article paru dans La Presse: https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-05-03/sport-feminin/allez-les-roses.php
