Une pause salutaire dans un monde brutal…

Je ne sais pas de quoi sera fait le nouveau chapitre de la famille royale d’Angleterre, mais celui qui vient de s’achever m’a émue.

Le temps a suspendu son vol pendant quelques jours, c’était une pause salutaire et pacifique dans ce monde brutal. Je vous épargne tout ce qui tourne carré dans notre société…

Le planète a rendu hommage à Élisabeth II par une impressionnante couverture médiatique, des reportages à satiété et des cérémonies ancestrales bref, un ballet impeccablement réglé. La page est maintenant tournée et le règne de Charles III commence. Cependant, à l’instar de beaucoup de sujets, dans un contexte économique extrêmement difficile, la question du maintien de la monarchie, de ses traditions séculaires et des pays du Commonwealth peut se poser.

Au-delà de la partisanerie, ce fût un moment historique d’unité. Il est émouvant de constater combien Sa Majesté était admirée, aimée et l’attachement à son endroit transcendait générations, nationalités, religions et les milieux sociaux.

Ce n’est pas un hasard si près d’un million de personnes se sont déplacées des quatre coins du Royaume-Uni afin de se recueillir dignement en l’honneur de celle qui incarnait une force tranquille et inébranlable. Une cohésion nationale empreinte de respect, de solennité et de paix.

Ces cérémonies grandioses se sont achevées avec des funérailles nationales où dignitaires, chefs d’État et gotha international tenaient à être présents pour cette souveraine hors  norme.

Il faut être allé en Angleterre pour comprendre l’engouement et la fierté des sujets pour la couronne britannique. C’est d’ailleurs en grande partie ce qui attire chaque année des millions de touristes. Les retombées économiques de la famille royale sont importantes. On peut considérer la royauté inutile et superflue ce qui n’empêche pas l’Angleterre d’être un pays moderne et dans bien de cas avant-gardiste que ce soit au niveau de la mode, de la musique, de l’art, etc. Cette dichotomie est surprenante et fait son originalité.

Les nombreux témoignages de ceux et celles qui ont côtoyé la reine sont unanimes pour reconnaitre qu’elle avait un sens aigu du devoir, de la nation, et quoique qu’en disent les esprits délétères, de la politique aussi. Sans parler de son humour pince-sans-rire. Sa fonction l’empêchait de s’épancher. Elle avait un rôle en retenue, mais son influence était indéniable.

N’est-ce pas un art de régner si longtemps sans gouverner? D’afficher une présence discrète et rassurante comme elle a su encore le faire auprès de son peuple durant la pandémie? Son pouvoir était certes symbolique, mais son expérience faisait d’elle une personne de confiance consultée par plusieurs pour sa diplomatie et sa discrétion. Comme une espèce de boussole morale. Plutôt suggérer que d’imposer.

Cet élan d’affection pour la Souveraine découle du fait que la grande majorité d’entre nous avons connu Élizabeth II toute notre vie. Sa disparition nous affecte collectivement et souvent personnellement. Elle était une sorte de repère affectif.

Dans un monde éphémère où l’on se lasse rapidement, il est parfois réconfortant de se rattacher à des choses immuables, des piliers, des institutions, des traditions. Même si elles sont surannées et auraient besoin de dépoussiérage. Dans l’ensemble, Élizabeth II aura été un élément stabilisateur plutôt positif qui a su toucher le coeur des gens. La marche est haute pour le roi Charles III.

La Grande-Bretagne saura-t-elle rester unie sans la reine? La monarchie volera-t-elle en éclats? Que deviendra-t-il des pays du Commonwealth? À suivre…

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