« Je n’ai pas de regret, sauf un seul »…

Jane Fonda a toujours fait partie de ma vie. Au début des années 80, ma mère, déjà hyper active, s’était procuré la fameuse cassette VHS Jane Fonda’s Workout!

Petite fille, j’ai passé des heures à la regarder s’entrainer en justaucorps et jambières de laine avec cette gourou du fitness. Je connaissais les routines par coeur. Encore aujourd’hui, à la seule évocation de cette VHS, certaines phrases me reviennent en tête:  feel the burn, no pain no gain! 

Depuis ce temps-là, cette femme aux multiples facettes m’impressionne et me fascine, tant par son jeu d’actrice, ses prises de position sociales et politiques, ses écrits que par son énergie et sa drive!

J’étais loin de penser qu’un jour, Jane Fonda partagerait une réflexion particulièrement intime et que cela réveillerait en moi des questionnements…

Pourtant, c’est ce qu’elle a fait il y a quelques semaines lors d’une conversation dans le cadre de l’événement C2Montréal. J’ai eu la chance d’y assister.

Ses messages percutants auprès des femmes et ses  engagements, notamment pour l’environnement, font de Jane Fonda une icône inspirante multigénérationnelle. Elle assume, plus que jamais, ses choix: « J’ai tout vu, tout vécu et survécu! »

Mais a-t-elle des regrets? C’est après un silence et une émotion palpable qui laissait entrevoir des larmes aux yeux qu’elle répondit ceci:

Non, je n’ai pas de regret sauf un seul, celui de ne pas avoir été un meilleur parent… Mais, d’un autre côté, si je m’étais occupée plus de mes enfants, je n’aurais pas accompli tout ce que j’ai fait dans ma vie… »

Cette question existentielle est l’apanage de bien des mères…

Je me souviens très clairement, qu’à quelques jours de connaitre les joies d’être maman pour la première fois, une amie m’avait fait cette confidence: au-delà de la formidable découverte de mon bébé tant attendu, je réaliserais, dorénavant et pour toujours, le véritable sens du mot « culpabilité ». Elle n’avait pas tort…

N’est-ce pas un sentiment universel avec lequel les mères doivent forcément composer ?

La pression sociale persiste, il existe une culpabilité de performance et de mère « parfaite ».

À l’inverse aussi, une femme faisant le choix de rester à la maison afin de se consacrer à sa famille sera perçue par certains de façon péjorative. Elle aura le sentiment de passer à côté de son plein potentiel…

Comment se sort-on de cette dualité? Il n’est pas facile de trouver un équilibre satisfaisant entre nos objectifs d’accomplissements personnels, professionnels et notre fort instinct maternel.

Est-ce trop, pas assez?

Tant de raisons de culpabiliser sur la façon dont nous élevons notre progéniture et le temps que nous leur accordons.  En dépit des formidables avancées féministes, cette ambiguïté laisse souvent ces questions sans réponse…

Cet éternel dilemme et ces choix cornéliens peuvent être exténuants, du moins tant que l’on n’a pas fait la paix avec ceux-ci. Ils le sont pour moi, peut-être pour vous aussi.

Je trouve réconfortant de constater qu’à l’aube de ses 83 ans, avec son immense carrière et ses accomplissements notoires, c’est encore une corde sensible pour Jane Fonda.

Sa vulnérabilité ouvertement affichée et sa franchise me font l’apprécier encore plus!

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