Être femme…

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Il y des rencontres marquantes, celle avec Aimée en est une. Voici un billet que j’ai écrit il y a un an exactement. Pour les commémorations des 25 ans du génocide rwandais, j’ai eu envie de partager à nouveau avec vous mon coup de cœur pour cette femme au parcours dur et atypique…

Depuis trois ans je m’assois toutes les semaines sur sa chaise et nous parlons. Même si j’ai de la lecture ou du travail à faire, Aimée trouve toujours le moyen de me distraire et de m’intéresser par ses propos pertinents. Elle parle beaucoup, jamais pour ne rien dire et les sujets sont très variés. Nous passons aisément de la politique à la littérature, la cause des femmes, la mode, etc. Comme Julie La Pie, Aimée est curieuse et notre heure de conversation devient un incontournable de ma semaine. En plus de tout ça, elle fait de magnifiques « brushing » ce qui n’est pas banal non plus ! VaVa Voom !

Aimée a 28 ans et vient du Rwanda. Elle ne passe pas inaperçue, grande, exubérante, souriante et féminine jusqu’au bout des doigts !

Depuis plusieurs mois, elle travaillait assidûment à l’écriture d’une histoire avec son amoureux. Ne dit-on pas que nous portons tous un livre en soi ? Le projet prit de l’importance et un jour le nom de l’éditeur Gallimard fut évoqué. J’étais si heureuse pour elle !

À la fin février, Aimée me tendit fièrement le carton d’invitation de son lancement. Bien sûr, elle pouvait compter sur moi !

Comme d’habitude elle sécha mes cheveux, mais semblait agitée et nerveuse. Elle parlait tellement vite que les mots et les phrases se bousculaient. Est-ce que j’avais bien compris ce qu’elle tentait de me dire ?

« Moi qui suis une femme trans ? Oui ma chérie, tu as très bien entendu ! »Lire la suite »

Allo c’est moi!

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Il y a quelques années, je découvrais le film Denise calls up dans un petit cinéma de répertoire à Paris. Je me souviens du malaise que cette comédie américaine m’avait procuré. Il s’agit d’un groupe d’amis de New York qui ne restent en contact que par leur fax et téléphone. Ils ne se voient jamais et deviennent incapables d’interagir pour vrai. Ils s’abritent volontairement derrière la technologie et pour eux, les choses vont de mal en pis. Lorsqu’on se soustrait à la réalité de vraies rencontres, la peur de l’autre et le stress s’installent…

Communiquer sans se regarder, sans se toucher. Ce film réalisé il y a presque 25 ans était précurseur. Que se passe-t-il aujourd’hui ? Les choses s’accentuent et les nouvelles générations s’installent dans ces habitudes…

La réalité dépasse la fiction

Je suis étonnée de constater combien les ados et les adultes textent d’une façon compulsive sur les différentes plateformes. Pourquoi se parler quand dans une même pièce, assis les uns à côté des autres, on peut s’envoyer des messages? Comme le font si bien les jeunes…Lire la suite »

C’était le 9 mars 1969…

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Je discute beaucoup avec mon père et ce depuis toujours. Je pourrais l’écouter pendant des heures et j’aime particulièrement lorsqu’il évoque ses souvenirs. Comme celui de ce jour important et qui allait changer le cours de sa vie. Il était une fois, le 9 mars 1969…

Il y a 50 ans, j’arrivais de France pour la première fois au Canada. C’était le 9 mars 1969.

J’avais bénéficié d’un sursis jusqu’à la fin de mes études et je devais effectuer mon «service militaire». Il s’agissait d’une obligation pour les jeunes gens de cette époque. Bien sûr, il n’y avait rien de militaire dans ce séjour au Québec qui devait durer deux ans. L’idée d’accueillir de jeunes Français dans les milieux professionnels québécois s’était développée dans la foulée du voyage du Général de Gaulle. À l’inverse, l’Office franco-québécois pour la jeunesse commençait à organiser des stages en France pour de jeunes Québécois.

J’ai eu la chance d’être intégré à la Société Générale de Financement du Québec, la fameuse SGF dont les ambitions économiques étaient grandes spécialement dans les milieux canadiens-français. L’équipe présidée par Jean Deschamps était formidable et enthousiaste. J’ai eu l’occasion d’y côtoyer beaucoup de jeunes hommes qui allaient marquer l’avenir et l’Histoire du Québec. Je pense notamment à Jacques Parizeau, Bernard Landry, Pierre Macdonald, Marcel Pépin et à beaucoup d’autres de cette belle génération de diplômés ambitieux et talentueux.Lire la suite »

Le IPad, suite…

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Je me devais de répliquer à la lettre collective (L’IPad a le dos large) parue ce matin dans la Presse Plus en réaction à mon article sur les tablettes dans les écoles. J’ai l’impression que ces cinq personnes n’ont pas compris mes propos. Ou peut-être cherchaient-ils un bouc émissaire pour justifier leurs certitudes? Voici ma réponse:

Mesdames et Monsieur,

J’ai lu votre réponse, mais avez-vous vraiment lu mon texte ? On peut réellement se poser la question. Avez-vous également lu l’article précédant dans La Presse Plus du 26 novembre qui a inspiré ma réflexion? Mon billet ne se voulait pas polémique…

Mon modeste propos n’avait pas d’autres prétentions que de refléter les inquiétudes de la maman que je suis, notamment sur le temps d’exposition quotidien aux écrans. Je pensais en particulier aux élèves plus jeunes du début du secondaire qui ne savent pas toujours bien gérer leur temps.

Si vous m’avez bien lue, vous avez en principe compris que je ne suis pas contre l’utilisation de la tablette à l’école. Bien au contraire!

Mon texte montre très clairement que je suis ni obtuse, ni passéiste, ni nostalgique, ni contre le progrès. Je suis pour les outils modernes du XXIe siècle comme vous le dites. La tablette en fait partie, mais l’éducation ne se résume pas à un IPad qui serait subitement devenu l’outil universel. Les nombreux commentaires reçus suite à la parution de mon texte me démontrent que beaucoup de professeurs et de parents pensent comme moi.

Vous invoquez de très nombreuses études auxquelles vous vous êtes référées ainsi qu’à une pléthore de spécialistes.  Même notre astronaute préféré est mis à contribution dans votre argumentation! Je ne conteste pas la validité de ces études ni la pertinence des spécialistes consultés, mais je pense que le vécu au quotidien peut apporter d’autres conclusions.

Oui à la tablette dans les écoles! Mais tout est dans la recherche d’un équilibre harmonieux. Trop, c’est comme pas assez! Il est important de reconnaître que des nuances et des divergences d’opinions peuvent aussi exister.

Bien cordialement,

Julie du Page

« La der des ders »… pour mes petits-enfants…

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Laissez-moi vous mettre en contexte d’un repas familial du vendredi soir où comme d’habitude, nous discutons beaucoup! Mon père évoque l’armistice avec mes enfants et les souvenirs qu’il en a grâce à ses grands-pères qui ont vécu la Première Guerre mondiale. Je lui ai suggéré d’en écrire un texte que j’héberge fièrement sur #julielapie https://juliedupage.com/ . Il est tellement important de se souvenir… Voici la lettre de papi à ses petits-enfants… Bonne lecture, Julie

 

Billie, Adrien, Augustin, Rose, vous vivez en France et au Canada, des pays qui, aujourd’hui 11 novembre, célèbrent le centenaire de la fin de la guerre de 14-18. Même si ensemble on discute souvent Histoire et famille, nous n’avons jamais vraiment parlé de vos arrières-arrières-grands-pères français nés au XIXe siècle !

Ils étaient mes grands-pères et en 1914 sont allés combattre l’armée allemande comme des millions de Français. Ils se sont bien battus avec leur uniforme de Poilu et leur fusil Lebel équipé d’une horrible baillonnette. Ils ont vécu l’enfer des tranchées de Verdun. Plusieurs fois décorés, ils ont reçu La Croix de Guerre pour leur bravoure. Petit garçon il m’arrivait de les questionner. Ils parlaient de leur devoir, de leur honneur et de l’amour de la Patrie. Ils évitaient d’évoquer ces années d’horreur où ils ont vu mourir tant de compagnons. La vie avait repris son cours, mais je pouvais percevoir qu’ils étaient marqués à jamais.

La guerre a été gagnée, mais à quel prix ! Des millions de morts, civils et militaires, des blessés dans leur chair et dans leur âme, des orphelins, des familles anéanties, des villes et des villages complètement détruits. Une génération gâchée et des survivants qui mettront des vies entières pour tenter de se remettre debout.

Avec l’armistice signé le 11 novembre 1918 on disait que c’était «  la der des ders », la dernière des dernières ! On ne la qualifiait pas encore de Première Guerre mondiale parce qu’on ne pouvait imaginer que 21 ans plus tard commencerait la deuxième.Lire la suite »