Demandez aux gens de la génération de mes parents et les plus âgés ce qu’ils faisaient le 20 juillet 1969 quand Neil Armstrong fut le 1er homme à marcher sur la Lune. Le monde entier célébrait la grandeur américaine et le pari fou amorcé par Kennedy était gagné ! Ils se souviennent tous de ce qu’ils faisaient ce jour-là, alors que pour ceux de ma génération, c’est le triste 11 septembre 2001…
J’habitais Paris et mes amis américains, Giorgio et Francesca Moroder, m’avaient demandé si je pouvais luncher avec un de leur ami anglais en visite dans la Ville lumière. J’habitais le 6e arrondissement et lui ai donné rendez-vous tout près, aux Deux Magots. Eddy était producteur de musique, un homme passionnant aux histoires amusantes. Very proper, very British indeed ! Ce déjeuner fut très agréable et vers 15H nous nous sommes dit au revoir.
J’ai traversé le boulevard St-Germain pour faire une course à la pharmacie d’en face. Il y avait un attroupement et on pouvait ressentir un début de panique. Un homme s’est mis à crier pour nous informer de ce qui se passait à New York. Mon premier réflexe fut de téléphoner à Eddy. Je ne le connaissais que très peu, mais j’avais le besoin de lui parler puisque c’était la dernière personne avec laquelle je me trouvais quand cette catastrophe a frappé. Puis, j’ai couru très vite jusqu’à mon appartement rue d’Assas. Je me sentais loin, j’avais besoin de voir des images. Dans mon essoufflement, je faisais la liste de mes amis qui vivaient là-bas et j’étais terrifiée à l’idée de perdre Guillaume, mon ami d’enfance.
Le 11 septembre 2001 fut un cataclysme ravageur. Les États-Unis allaient perdre leur « candeur » et se lancer dans des guerres vengeresses extrêmement coûteuses dont ils paient encore l’énorme prix aujourd’hui. La riposte de Bush en Irak était inappropriée. Une croisade truffée de mensonges au nom de la soi-disant démocratie. Une vengeance primaire aux conséquences dramatiques. Les « faucons républicains » étaient incapables de mesurer l’effet domino que ces mauvaises et dangereuses décisions allaient engendrer. Les États-Unis en subissent quotidiennement les conséquences et par ricochet, le monde occidental aussi. L’avènement malheureux de Trump est également un de ces effets. Il cherche par tous les moyens à faire entrer de l’argent dans son pays pour tenter, entre autres, de réduire le déficit abyssal causé par ses prédécesseurs. Pendant tout ce temps, la Chine n’attendait que d’être l’empire dominant et elle a réussi.
Des années plus tard, je suis toujours en contact avec Eddy. On ne s’est jamais revu, on ne se connaît pas, mais nous avons été témoins ensemble à Paris du 11 septembre 2001. Chaque année à la même date, nous avons une pensée émue l’un pour l’autre.
Julie

