Hommage à nos mères


J’ai rencontré Bicha à l’âge de 11 ans. C’était la première journée du secondaire et j’ai su très vite qu’on serait amies pour la vie. Elle d’origine vietnamienne, moi française, nous avons toutes les deux été élevées dans une double culture et une transmission du savoir patrimonial. Nous nous sommes d’ailleurs retrouvées plus d’une fois en France, mais le voyage au Vietnam dont nous rêvons tant ne s’est pas encore concrétisé. Je ne perds pas espoir !

Malgré nos vies chargées et nos rendez-vous trop rares, la conversation téléphonique hebdomadaire fait partie des traditions auxquelles nous ne dérogeons pas. Je m’épanche plus facilement, elle met un peu plus de temps, mais la connivence est indéniable.

Cette journée-là, Bicha racontait qu’elle voulait planifier un atelier culinaire avec sa mère afin d’apprendre à faire les bánh tôm. Il s’agit des fameuses crevettes en beignet de patate douce et la simple évocation de cette recette émoustilla mes papilles !

À l’adolescence, Bicha organisait chaque année une soirée vietnamienne pour son anniversaire. Sa maman cuisinait pendant des jours et ces moments exotiques et gargantuesques font encore partie de mes plus belles expériences gustatives. Il y en avait tellement, nous avions tous la chance de repartir avec un « doggy bag » ce qui faisait le plus grand bonheur de nos familles !

« Je comprendrais très bien que tu veuilles être seule avec ta maman, mais j’aimerais beaucoup venir aussi! »Lire la suite »

Ce n’est qu’un au revoir…

Cette année, le moment des « au revoir » était particulièrement déchirant. Les étreintes furent plus longues que d’habitude, les pleurs plus intenses. Il planait comme une espèce d’urgence à rester dans la douceur de leur bulle afin de suspendre le temps quelques minutes encore. Au cas où… 

La fraicheur soudaine des derniers jours nous rappelle à l’ordre des saisons. L’agréable parenthèse estivale se termine. J’avoue ressentir un mini blues post vacances, le même qui se pointe inévitablement après la fin de semaine du travail… La rentrée est bien souvent synonyme de contraintes et de stress. On doit malheureusement délaisser une certaine liberté qu’on a eu tant de plaisir à goûter. J’ai toujours du mal avec le mot « fin ». Comme si quelque chose m’échappait…Lire la suite »

Précieux souvenirs d’enfance…

Julie DuPage 

Je suis parfois nostalgique des ces moments d’insouciance où la seule règle était de rentrer avant la tombée de la nuit. Il y a quelques temps, on m’a demandé de raconter un souvenir d’enfance dans le cadre d’un livre collectif.* J’ai eu envie d’écrire ce texte pour ne jamais oublier ces précieux souvenirs… Bon été à tous!

“Vive les vacances, au diable les pénitences, on met l’école en feu et les soeurs dans l’milieu!” C’était autour du 23 juin, la fin des classes. Maman nous attendait, ma soeur et moi à la sortie. Nous chantions, nous sautions de joie et d’excitation. Il faisait beau et déjà chaud. “Au temps, suspend ton vol” comme le disait Lamartine. Il aurait pu s’arrêter là, le temps, tellement j’étais transportée et heureuse à l’idée de ces 2 longs mois d’été…

Nous partions à Magog, la voiture de maman chargée à bloc puisque nous allions nous y installer pour toute la période estivale. J’avais 9 ans, et j’étais déjà folle de lecture. J’aimais particulièrement les aventures de Martine, et là, précisément, je me sentais être l’héroïne de “Martine part à la campagne”!

Ma grand-mère et mon arrière- grand-mère, que j’appelais respectivement “mamie” et “grand-maman”, nous rejoindraient très vite. C’était un véritable déménagement!

Quatre générations de femmes sous le même toit, c’était intense en émotions! Mon père qui travaillait la semaine nous honorait de sa présence le week-end. C’était notre pacha! Et nous étions si heureuses de le revoir…

Petit à petit, les amis arrivaient aussi. Nous avions tellement de choses à nous raconter car très souvent, nous nous étions dit au revoir l’été précédent.Lire la suite »

Impressions d’automne/hiver

IMPRESSION JULIE

Chaque année c’est la même histoire; j’ai du mal à me faire à l’idée que la belle saison cède sa place à l’automne. Voyons ce n’est pas possible, pas déjà! Adieu lumière, chaleur, fleurs, insouciance et petits verres de rosé…

Peut-on recommencer l’été svp, je n’étais pas prête?

Les mois de septembre et octobre sont souvent magnifiques, mais comment les apprécier à leur juste valeur alors que je sais ce qui me pend au bout du nez? Vous l’aurez compris, l’hiver est pour moi un passage obligé difficile! Ma bonne volonté et mon enthousiasme pour la neige et la saison froide sont vains! Imaginez mon choc et mon humeur cette semaine! Une tempête de neige un 11 novembre, vraiment? Rassurez-vous, ne serait-ce que pour mes enfants, je finis toujours par me calmer le pompon et l’accepter…

Cependant, je me rends compte que l’automne est une période transitoire et nécessaire à mon équilibre. Petit à petit je ralentis le rythme énergique de l’été afin de me recentrer. Je peux enfin me poser et prendre le temps.

C’est d’ailleurs dans ces moments que je suis la plus créative. Je peux également m’enorgueillir d’être une « pas pire » cuisinière (rappelez-moi de vous parler de mon pot-au-feu un de ces jours). Je fais le rattrapage en rafale de nombreuses téléséries et dévore des quantités de bouquins. L’automne est aussi synonyme de maison bien organisée; j’aime ranger, classer, faire de la place et donner au suivant. Madame Blancheville n’est jamais bien loin!

Récemment, alors qu’il pleuvait des cordes et que la météo prévoyait des flocons, j’ai décidé de sortir du placard les bonnets, mitaines, foulards, manteaux chauds de la famille. C’est là que j’ai redécouvert un carton que j’avais à l’époque précieusement remisé : une « boîte à trésors »…Lire la suite »

À qui la mitaine?

HANDS HEART SHAPE SNOW

Pendant le temps des fêtes, avez-vous vu ou revu le film “Love Actually”? Je ne peux m’empêcher de sourire et de repenser à une anecdote familiale liée à ce classique du cinéma britannique. En effet, il y a quelques années je voulais le faire découvrir à mes enfants encore assez petits. Je ne me souvenais que vaguement de l’histoire, mais j’avais encore en tête l’agréable plaisir qu’il m’avait procuré. “A feel good movie”, parfait pour une soirée d’hiver.

Nous étions tous les quatre collés-collés sur le canapé, quelques bougies créaient une atmosphère tamisée, chaleureuse, le feu crépitait et une jolie petite neige tombait. L’ambiance idéale…

Dans ce film choral, nous suivons différents personnages dont les histoires s’entrecroisent et notamment celle de John et Judy que j’avais visiblement occultée et dont la pertinence n’est pas évidente. Je m’attendais à une soirée tout public! En fait, “Love Actually” n’est pas du tout un film de famille puisque ce couple interprète des doublures lumière de film porno qui simulent, de façon timide, (mais quand même) des scènes de sexe. Oh là, là! “Couvrez ce sein que je ne saurais voir!”Lire la suite »