En principe, je ne suis pas superstitieuse, mais…

 

Texte publié dans La Presse. À quelques rituels près, Julie du Page est parfaitement rationnelle, ce qui n’empêchera pas certains lecteurs d’imiter sa façon de dire au revoir à 2025.

À table, ne me passez jamais le sel de main à main, ça porte malheur. Quand je trinque avec quelqu’un, c’est dans les yeux que ça se passe. Sept ans de mauvais sexe, non merci !
Je conjure toujours le mauvais sort en « touchant du bois ». Je n’ouvre jamais un parapluie à l’intérieur, même dans le vestibule de ma maison.
Je me réveille en posant toujours le pied droit au sol. Mes années de latin au secondaire m’ont appris que dans l’Antiquité, le mot « gauche » avait mauvaise réputation à cause de croyances anciennes.
En latin, « gauche » se dit sinister, ce qui donna « sinistre ». Il n’est donc pas conseillé de se lever du pied gauche si on souhaite avoir une bonne journée !
J’ai des grigris, porte-bonheur un peu partout, sacs à main, poches de manteaux, et même dans ma voiture ! Bref, je ne suis pas superstitieuse, mais…

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11 septembre 2001

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Demandez aux gens de la génération de mes parents et les plus âgés ce qu’ils faisaient le 20 juillet 1969 quand Neil Armstrong fut le 1er homme à marcher sur la Lune. Le monde entier célébrait la grandeur américaine et le pari fou amorcé par Kennedy était gagné ! Ils se souviennent tous de ce qu’ils faisaient ce jour-là, alors que pour ceux de ma génération, c’est le triste 11 septembre 2001

J’habitais Paris et mes amis américains, Giorgio et Francesca Moroder, m’avaient demandé si je pouvais luncher avec un de leur ami anglais en visite dans la Ville lumière. J’habitais le 6e arrondissement et lui ai donné rendez-vous tout près, aux Deux Magots. Eddy était producteur de musique, un homme passionnant aux histoires amusantes. Very proper, very British indeed ! Ce déjeuner fut très agréable et vers 15H nous nous sommes dit au revoir.Lire la suite »

Allez les Roses!

C’est probablement par déformation professionnelle que je regarde beaucoup la télévision. Les infos, les fictions québécoises et internationales, les émissions de services et bien sûr, le sport!

Les événements sportifs sont rassembleurs et prennent toutes leur dimension quand ils sont visionnés en direct. Un match des Canadiens en différé n’a qu’un intérêt relatif. La magie est décuplée lorsque l’on a la chance d’assister à une partie et ressentir la frénésie de groupe, la fièvre partisane.

Samedi le 3 mai, c’est avec beaucoup d’émotions et de fierté que j’assisterai au premier match officiel de soccer féminin des Roses de Montréal au Québec! En effet, il y a un an j’ai décidé de me joindre à cette grande aventure en tant qu’investisseuse. Fait plutôt cocasse : c’est mon fils de 17 ans qui m’a encouragée dans cette démarche… Lire la suite »

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

 

Voici mon plus récent papier dans La Presse, bonne lecture!

La raison du plus fort est-elle toujours la meilleure?

C’est avec impuissance et colère que j’assiste au début du deuxième mandat de Donald Trump. Chaque jour amène son lot de menaces, de provocations à l’endroit de plusieurs pays, même les alliés, de déclarations à l’emporte-pièce, de mensonges éhontés, de scénarios improbables.

Sommes-nous dans une réalité dystopique où l’hégémonie s’accompagne d’un profond mépris de l’autre?J’aimerais faire la politique de l’autruche (à défaut de subir celle de Trump), mais je me dis que nous sommes au début de 2025, en Occident et qu’il est impensable que l’Histoire se déroule ainsi. Et pourtant.

Il y a quelques semaines, Madonna a posté sur Instagram une photo d’elle à ses débuts à New York, une ville dangereuse qui lui promettait tout et rien à la fois.

« Jamais je n’aurais imaginé qu’un jour j’y vivrais dans une ère où le fascisme serait banal et deviendrait la norme. »  Qui l’eût cru?

 En tant que parents, nous souhaitons tous élever notre progéniture dans une certaine idée de la bienséance et de valeurs de base essentielles; le respect d’autrui, des règles et des usages, l’honnêteté, l’empathie. Et ce, dès la tendre enfance. Nous apprenons à nos enfants le civisme, la tolérance, l’inclusion, l’acceptation de l’autre. Et même si les avis divergent, on leur enseigne l’ouverture d’esprit et l’écoute. Du moins, nous tendons vers cet idéal.

Après tant d’efforts soutenus pour en faire des futurs adultes équilibrés, pondérés, bienveillants, comment leur expliquer que l’homme le plus puissant de la planète et ses sbires, pratiquent une politique d’intimidation, d’humiliation et d’impérialisme axée sur la peur et les rapports de force?

Comment justifier que ce Président et son entourage arrivent à leurs buts les plus perfides à coups de mensonges, de vengeances, d’hypocrisies et de chantages?

Comment ces gens peuvent-ils faire fi de toute dignité en « retournant leur veste » simplement parce que la fin et l’argent justifient tous les moyens immoraux pour accéder au pouvoir et imposer, sans contraintes, des politiques en marge du droit et de la justice?

Comment accepter que plus de la moitié des Américains tolère les « fourberies de Trump »? Où sont les Républicains les moins « trumpistes »? Se taisent-ils par crainte de représailles?

On assiste à un engrenage d’agressivité et de cruauté où les coups les plus impensables sont permis. Au contact de Donald Trump, même la qualité du lexique politique et diplomatique se dégrade.

Tout cela dépasse l’entendement. Il faut malheureusement composer avec ce cataclysme créer pas les États-Unis dont les conséquences risquent d’être déterminantes pour le monde entier. Cette Amérique qui pour nous, Occidentaux et alliés, fut plus souvent qu’autrement une référence, un phare, ne nous montre plus ses lumières. Aujourd’hui, nous perdons une partie de nos repères.

Je vous invite à relire la fable de La Fontaine, Le loup et l’agneau.*

« La raison du plus fort est toujours la meilleure »

Exercer son pouvoir malsain sur le plus faible, en abuser et chercher à le justifier à tout prix.

Je ne peux pas imaginer que la plus grande démocratie au monde continuera d’agir de la sorte. Ces excès de pouvoir aberrants sont décriés à travers le monde. Pensons à Gaza-by-the-beach ou le sort de l’Ukraine…

La loi du plus fort, est-ce notre avenir et celui de nos enfants? Souhaitons un peu de conscience et de douceur dans ce monde de brutes.

 

https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-02-27/un-peu-de-douceur-dans-ce-monde-de-brutes.php

https://lesvoixdelapoesie.ca/lire/poemes/le-loup-et-lagneau

Souvenirs d’un mentor autodidacte et curieux

Vous vous souvenez de cet homme derrière les émissions à gags Surprise sur Prise ? Tout a commencé grâce à lui, Marcel Béliveau! « Est-ce que ça te tente de piéger Monsieur Alain Delon? »

J’avais 19 ans et Marcel savait que je partais m’installer à Paris. Il m’avait proposé de travailler sur ses productions pour faire un peu d’argent. C’est pour cette raison que j’ai piégé plusieurs vedettes françaises, et entre autres, Monsieur Alain Delon.

C’était un vendredi soir à Neuilly-sur-Seine, banlieue chic parisienne. Nous avions rendez-vous dans l’appartement d’un producteur intéressé à travailler avec Delon. C’était un grand repas avec plusieurs convives, dont un petit garçon muni d’une oreillette qui « jouait » au surdoué de service et qui répondait à toutes les questions posées. Alain était fasciné par ce génie, mais ne savait pas encore qu’il y avait des gens en régie qui fournissaient toutes les réponses.

Je me souviens avoir très mal dormi la veille du gag puisque mon rôle était d’incarner une jeune écervelée, pour ne pas dire une idiote, qui interrompait sans cesse la conversation pour dire des niaiseries ! Oh boy! Moi, grande fan de cet acteur mythique aux nombreux films cultes, comment allais-je faire ? Mon orgueil en prendrait un sacré coup ! L’idée me tétanisait…

La présence de Monsieur Delon était si forte que j’ai cru me liquéfier quand il est entré dans la pièce. Le temps aurait pu s’arrêter là, mais j’avais un boulot à faire, balancer des âneries!

Le gag s’est très bien déroulé, mais ne fut malheureusement jamais diffusé. Alain Delon s’y était opposé prétextant le cheveu gras… Pourtant, il aurait mérité qu’on le découvre sous cet angle, non pas à cause du cheveu gras, mais bien parce qu’il émanait de lui quelque chose d’authentique, de vrai.Lire la suite »