Toujours le même Halloween?

Halloween

Pas encore en joueur de football? Comme les journées qui sans surprise raccourcissent à l’automne, les pneus d’hiver qui reviennent s’accrocher à nos voitures et un trajet sur la route invariablement parsemée de cônes orangés, fiston va une fois de plus se déguiser en joueur de football de la NFL pour l’Halloween. Il peut remercier son oncle Richard de lui avoir offert un chandail des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, il y a trois ans. Sans ce cadeau, il aurait à se chauffer les méninges pour trouver quel bout de tissu enfiler afin de récolter des bonbons.

Vraiment, encore en joueur de football? Ce n’est plus un déguisement, mais une deuxième peau! Un tic nerveux. Le jour de la marmotte. Dans l’espoir de le faire changer d’idée et de lui dénicher un costume original, j’ai ouvert mon ordi portable, mais mes recherches sur internet ont été vaines. Il a levé le nez sur toutes mes propositions. Ensuite, mes trouvailles de gens et choses qui ont marqué l’actualité des derniers mois, toujours une bonne piste pour l’élaboration d’un costume, l’ont endormi. Déguise-toi en visage d’Hubert Lenoir? J’ai justement des restants de colorants artificiels dans le garde-manger. En mauvaise foi de Trump? En tableau déchiqueté de Banksy? En personnage de Fortnite? En Tom Cruise qui pilote lui-même son hélicoptère dans Mission Impossible? En Maxime Bernier qui respire du CO2? Je l’ai achevé après avoir prononcé «en Harry», comme dans «mariage de Megan et du prince Harry».Lire la suite »

Le paradis de l’uniforme

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À la veille du retour en classe si plusieurs parents fondent en larmes à l’idée de reprendre leur quart de travail de faiseurs de lunchs au quotidien, mon drame est ailleurs. Et il se nomme « uniforme scolaire». On y voit d’abord que des avantages à habiller en série nos enfants: pas de discrimination possible entre étudiants lorsqu’on a le choix de se vêtir qu’en bleu et blanc, blanc et bleu ou bleu et bleu. Il y a aussi le bonheur, chaque matin, de pouvoir simplement allonger le bras pour récupérer un polo, pantalon ou jupe, au sortir du lit, un œil ouvert alors que l’autre termine un songe.

C’est ce que j’entends et constate depuis de nombreuses années, moi qui ai fait mon primaire chez les « sœurs », dans une banlieue de Montréal. On y défilait alors dans les corridors et classes du pensionnat avec une tunique à carreaux bleu et vert pour les filles et un pantalon gris à la coupe qui défiait le bon goût pour les garçons. Le tout garni d’un chandail à col roulé, trop roulé et exagérément serré au cou.

Un réel avantage ces habits d’école imposés? Oui mais… À la fin de l’été, mon garçon de nature souriante en perd sa bonne humeur contagieuse dès qu’on ose lui dire : « Monte dans la voiture, on s’en va acheter ton uniforme! ». Avec raison! Pas qu’il déteste l’idée de retourner à l’école, pas qu’il lève le nez sur l’uniforme en soit, mais parce que des entreprises qui vendent des uniformes ont trouvé le moyen de se mériter un D en matière d’expérience d’achat. C’est, (comment dire les choses en restant polie) d’une désarmante platitude lorsqu’on se rend dans un tel magasin débourser des centaines de dollars pour des vêtements neufs. À mes yeux, un tel magasinage annuel soporifique et inefficace rend une conversation avec un vendeur de chauffe-eau ou un rendez-vous pour un plombage palpitant!

Heureusement, j’ai pensé faire le plein d’essence avant de rouler jusqu’au magasin d’uniformes à des kilomètres de ma maison. Je regrette mon ancien fournisseur qui était situé à deux pas, jusqu’à ce qu’il ferme ses portes après une faillite. Et si au moins c’était l’Olympe au bout de la route! On a plutôt droit à un entrepôt beige à côté duquel un magasin Sears passerait pour Disneyworld. À l’ère des expériences d’achat à la Frank & Oak et Cos, il est étonnant qu’on choisisse d’étaler sa marchandise dans des lieux drabes. Que les parents doivent se heurter à des étalages qui ne contiennent pas toutes les tailles requises, alors que l’entreprise sait exactement combien d’étudiants fréquenteront les établissements qu’elle fournit en uniformes, me dépasse également. Par ailleurs, j’ai une pensée pour le personnel qui doit se farcir les moues pas toujours agréables de parents exaspérés.

Avec deux enfants, j’en ai encore pour quelques années à fréquenter ces endroits paradisiaques. J’aspirerais à un lieu avec espace aménagé en salon et café, salle de jeux, passerelle pour défilés de mode, le tout zen avec fond sonore de bruit de chute d’eau… non, je divague! Il y a probablement une bonne raison (financière, logistique?) d’installer la marchandise dans de tels entrepôts, mais un simple petit coin fauteuil avec un tapis de chez IKEA et des magazines de l’an dernier avec Marie-Mai en couverture, est-ce trop demander? Des cabines d’essayage qui restent fixées au sol, plutôt que de rouler jusqu’à la caisse, quand notre enfant s’y trouve? Des endroits qui ne nécessitent pas l’activation d’un GPS pour s’y rendre? Je ne demande pas la lune. Pas même un espace 5 étoiles ou un environnement «instagrammable» à la pop-up store. Simplement un endroit où on ne fera pas d’urticaire en y entrant, mais où on pourra plutôt vivre un moment agréable. Tant qu’à nous l’imposer… Oui, agréable, ça se peut? Et qui ramènera la tâche de faire les lunchs au premier rang des petits irritants dans mon agenda scolaire!

Isabelle

Souriez!

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Souriez! Parce que vous êtes filmés? Peut-être. Mais souriez, surtout, car pour rendre heureux c’est le geste le plus simple à maîtriser, à la portée de tous, même de ceux qui ont perdu leur dentier. Rien de mieux qu’un large sourire pour désamorcer une situation, pour attendrir le collègue de travail grognon ou encore amadouer le constable qui veut nous balancer une contravention! Attention : chronique fleur bleue. Telle une maxime dénichée on ne sait où et larguée en toute sincérité sur les réseaux sociaux, je vous ai pondu une chronique faisant l’apologie de ce geste tout mignon, inné, qu’on devrait mettre en pratique plus souvent (sauf lors de la prise de nos photos de passeport). Oui, oui, je m’adresse aussi à vous les cyniques, ceux qui ont perdu espoir en l’humanité depuis la dernière élection américaine et ceux qui viennent de se faire poser des broches. À vos miroirs!

Montrer mes dents à la caissière de l’épicerie, aux faces de bœuf au volant, aux usagers du métro perdus dans leurs rêveries ou le fil Instagram de leur iPhone me donne une énorme satisfaction. Tiens, au gars de la voirie aussi qui a rangé sa bonne humeur avec sa dernière canette vide de Molson Export, la semaine dernière. J’ai le sentiment d’une petite victoire à chaque sourire décroché en retour. Sourire, c’est comme bâiller. Et cette contagion est bienvenue. Le geste rend accessible,  humanise et fait oublier que le plombier a mal colmaté la fuite d’eau de la salle de bains. Je l’ai essayé à toutes les sauces. Même en face d’un douanier. Même quand je coupe par inadvertance un piéton, derrière mon volant, mon sourire d’excuse fait rapidement oublier à celui que j’ai failli envoyer à l’hôpital qu’il déteste TOUS les conducteurs-ces-gros-pollueurs-de-la-planète.Lire la suite »

Amour royal

 

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« Tu es la plus belle fille du monde… après Meghan. » Quoi? Jusqu’au samedi 19 mai, j’étais à ses yeux la plus belle fille du monde. Point. C’était avant que mon amoureux ne se décide d’assister par écran plat interposé au mariage de l’actrice Meghan Markle et du prince Harry. La couleur de notre peau étant similaire, il n’en a pas fallu plus pour qu’il me surnomme sa Meghan. Mon métissage a le dos large. Disons que les bleus de nos voitures décapotables ont plus de liens de sang que les épidermes caramel de la désormais duchesse de Sussex et de la roturière du Mile-End que je suis. Mais quand tu veux vivre un rêve royal par procuration…

Comme je souhaite regagner la première place de son concours de beauté, je me suis mise à nous chercher des similitudes à Meghan Chose et à moi (ben non, je ne suis pas jalouse!). Nos jeunesses? Nos goûts vestimentaires? Nos aspirations sociales et professionnelles? Notre chute de rein? Nos produits capillaires? Notre compte de banque? En vain. Rien trouvé. Nada.

Jugez plutôt! Lorsque l’homme de ma vie m’a demandé en mariage, il y a quatre ans,  je lui ai fait savoir que j’aspirais à une modeste réception d’au plus 300 invités. Pas 600 comme dimanche dernier. Ma robe? Je vise les boutiques de la Plaza St-Hubert pour me draper de blanc, comme la directrice de Givenchy retourne rarement mes appels.  Je n’ai jamais fréquenté de gars aux cheveux roux. Je ne connais pas les jumeaux de Ben Mulroney. Oui, j’adore Londres, mais pour son histoire musicale avant son Palais de Buckingham. La grand-mère de mon époux n’a pas cette fâcheuse manie de faire coordonner sa jupe, sa veste, son sac à main, ses bas-culottes, ses souliers et son chapeau dans des tons pastel depuis des décennies. Après vérification dans mon porte-monnaie, je confirme qu’aucun membre de ma famille ne figure sur des billets de banque canadiens.Lire la suite »

Quand notre sein fait des siennes!

 

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Elle trouve le moyen d’être drôle, même lorsque le ciel lui tombe sur la tête. Elle montre qu’on peut avoir du panache (merci au coussin de chalet) même quand la maladie décime tous les poils qu’on a sur le coco. Qu’on peut narguer la Grande Faucheuse lorsque celle-ci ose nous tendre la main.

Il y a huit mois, l’auteure (télé, littérature) et professeure Caroline Allard a reçu le coup de poing que toute fille souhaite esquiver dans la vie: un diagnostic de cancer du sein. Caroline n’est pas une intime. Même si elle a côtoyé professionnellement mon chum producteur et réalisateur, nous nous croisons rarement. Combien de fois s’est-elle roulée en boule, pétrifiée, pour pleurer toutes les larmes de son corps? Combien de temps s’est-elle allongée pour se remettre des six chimios qui l’ont lessivée? L’amie Facebook que je suis ne le saura jamais vraiment. Car Caroline, qui a choisi de témoigner de sa maladie (la comédienne Anick Lemay a aussi récemment dévoilé son cancer dans Urbania) a l’attitude d’une patiente qui a le piton collé sur les réseaux sociaux. Qui, à l’image de ses textes de jadis sur son blogue Chroniques d’une mère indigne, rigole de cette tangente qu’a pris sa vie sur Facebook, s’amuse à raconter le laid, ce qui pue, se dégrade, se décompose, s’échappe de son corps, bref ce qui rend sa maladie pénible. Lire la suite »