Il n’est jamais trop tard pour être reine!

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Je suis maintenant la reine de quelque chose. Pas de grand-chose. Pas la reine des meilleurs cupcakes au monde ni du disco ni de la vente de tablettes de chocolat pour payer un voyage de ski scolaire dans les Alpes à mon plus grand. Mais de quelque chose qui me gonfle de fierté. Je sais jouer au curling. Ou presque. À preuve, ces photos que je me suis empressée de mettre sur ma page Facebook, récemment.

Je vous jure que j’ai adoré! À la télé, c’est probablement le sport le plus soporifique à regarder ou qui déclenche en moi le plus de points d’interrogation (avec le cricket). Et pourtant, sur la glace… Il y a quelques semaines, avec des collègues de bureau, j’ai sauté sur une patinoire de Montréal-Ouest, non pas pour jouer au hockey ou faire une triple boucle piquée, mais disputer un match de curling. C’est le cadeau que nous a payé notre patron pour notre traditionnelle sortie de Noël.

Évidemment, on n’avait l’air de rien quand on a timidement investi la piste de jeu. Sans être effrayés, on se sentait petits sous nos tuques et dans notre semelle de glisse, cette espèce de pantoufle qu’on doit porter à un pied pour nous permettre de bien s’élancer. Allait-on être capables d’envoyer et placer au centre de la cible à 30 mètres devant nous une pierre de 20 kilos sans se frotter le menton ni s’étirer un ligament, tout en ayant la grâce d’un champion olympique norvégien en pantalons arc-en-ciel? De balayer la piste avec entrain telle une Élyse Marquis dans une pub de Swiffer? Noui!

Cela dit, ce n’est pas ce qui importe quand on est un débutant. Au grand étonnement de mes amis, j’ai su viser au centre de la cible ou sur les pierres de mes adversaires avec précision, plus souvent qu’autrement. Même avec un style s’apparentant au Bambi de Disney sur la glace. Que voulez-vous, je suis déjà une pro des fléchettes et du 21 au basket! Et je marque des points à tout coup quand je lance un mouchoir dans une poubelle.

Il y a quelque chose d’une autre époque et de temps figé au coin du feu du salon du club où nous nous sommes retrouvés. Et que dire des cartes de points qu’on doit accrocher nous-mêmes au mur après chaque manche? Nos bidules technologiques? On aurait pu les balancer au foyer tellement on était bien, qu’on était concentrés sur notre jeu de semi-semi-pro et que l’esprit de gang était au rendez-vous. Des habitués jouant sur les deux glaces d’à côté nous ont observés avec un sourire chaleureux. Ce qui fait que cette initiation au curling, pour moi, a été un voyage agréable dans un endroit, sans visa exigé, où je n’aurais jamais pensé mettre les pieds.

Mais surtout, cette activité m’a prouvé l’importance de ne pas m’ancrer que dans la routine. De me donner le défi d’essayer quelque chose de nouveau régulièrement. Que ce soit une initiation au tricot, à la chasse aux canards ou au surf intérieur. À la mesure de mes capacités musculaires évidemment! Sans chercher nécessairement à faire la Une d’un magazine féminin titré: j’ai balancé mari et enfants pour me consacrer au sitar en Inde! À l’heure où l’on abandonne déjà nos grandes promesses de la nouvelle année, pourquoi ne pas s’en faire une toute petite et tenter quelque chose de nouveau dans les prochaines semaines?

Avec les collègues, on s’est aussitôt promis qu’on irait jouer dans un an exactement. Même jour, même heure, même pomme, mais sans Patrick Bruel! À moins qu’il n’accepte notre invitation… Mais mon petit doigt et mon pied gauche me disent qu’on va s’y retrouver avant. Pour défendre mon nouveau titre, évidemment.

Isabelle

 

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